Privatisation et Droits de l'Etre Humain l'eau potable
Actuellement, 1.200 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Ceci provoque chaque jour la mort de 10.000 personnes, dont 4.000 sont des enfants de moins de 5 ans, pour avoir bu de l’eau contaminée par des déversements d’égoûts. La contamination par les produits toxiques des activités industrielles, pétrolières, minières et agricoles empoisonne silencieusement des millions de personnes. La pollution par les cyanures et les métaux lourds des exploitations minières à ciel ouvert, à la source comme dans le bassin des rivières, est particulièrement dévastatrice pour la santé de communautés entières, souvent indigènes.A ce mouvement d’appropriation privée de la nature s’est jointe, ces dernières décennies, la pression qu’impose la Banque Mondiale pour privatiser les services d’approvisionnement en eau, aggravant la vulnérabilité des populations les plus pauvres. Des mouvements sociaux se dressent pour promouvoir de nouveaux modèles de gestion publique participative sous contrôle citoyen et pour la reconnaissance de l’accès à l’eau potable comme droit humain, ainsi qu’il a été reconnu dans les nouvelles constitutions de pays tels que l’Uruguay, la Bolivie, le Vénézuela ou l’ Equateur.
Privatisation au Ghana
COMMENT L’AFRIQUE BRISE LE MIRAGE ?
Dans les années 90, la société publique GWSC, qui gérait les 190 réseaux urbains d’eau du Ghana, entra en crise avec 344 millions de dollars de dettes, dues à son inefficacité et à des détournements de fonds. La Banque Mondiale, appliquant la doctrine libérale toute puissante, encouragea sa privatisation à partir du Programme de Rétablissement et d’Ajustement Structurel. En 1988, les tarifs augmentèrent de 140%. Puis, en 2006, l’entreprise Aqua Vitens Rand Limited reçut la concession selon le principe du Partenariat Public-Privé (PPP), le modèle français de privatisation.
Loin de s’améliorer, le service empira. Les coupures d’eau provoquèrent un tel scandale que le Gouvernement commanda un audit dont les conclusions furent sans appel. Les engagements d’amélioration de la qualité n’avaient pas été tenus. En particulier, aucun traitement n’était appliqué contre l’arsenic, le plomb, le cyanure, le cuivre et le zinc qui empoisonnent l’eau de certaines régions à cause des mines à ciel ouvert.
La Coalition Contre la Privatisation de l’Eau, une vaste alliance (de groupes communautaires et religieux, de syndicats et d’associations citoyennes), intégrée dans le Réseau Africain de l’Eau (dans 24 pays africains), lutte pour le droit humain à l’eau potable.
Lutte contre la privatisation de l’eau à Cochabamba – Bolivie
“L’EAU EST AU PEUPLE, MERDE !”
En 1997, la Banque Mondiale a imposé la privatisation de l’eau à El Alto-La Paz et dans la ville de Cochabamba en contrepartie de son aide financière. Elle fut confiée à la compagnie Aguas del Tunari, filiale des sociétés transnationales Bechtel, Edison et Albengoa, qui en janvier 2000 augmenta les tarifs de 200 % et prit le contrôle de tous les réseaux d’eau, des coopératives des quartiers et des sources d’irrigation.
La Fédération de Défense de l’Eau et de la Vie a contesté cette concession et ses manifestants ont rempli les rues. Le gouvernement du général Hugo Banzer a fait emprisonner les dirigeants de la Fédération et a décrété l’état de siège de la ville qui fut occupée par l’armée pendant 90 jours. La résistance citoyenne est cependant parvenue, après avoir subi deux morts et de nombreux blessés dans les banlieues privées d’eau potable, à faire annuler par le gouvernement son contrat avec Aguas del Tunari.
Mines d’or à ciel ouvert à Cajamarca – Pérou
“DES VIES CONTRE DE L’OR”
L’entreprise minière Yanacocha pratique l’extraction de l’or à ciel ouvert à Cajamarca, à 850 km de Lima. L’extraction de plus de 500.000 tonnes par jour de minerais, dans le bassin des sources des rivières Rejo, Llaucano et Cajamarquino, pour obtenir quelques modestes grammes d’or, détruit rapidement les montagnes et les cours d’eau, mais aussi les nappes phréatiques auxquelles s’approvisionnent les populations de cette région.
La terre extraite est déposée sur de grandes terrasses où elle est lixiviée au cyanure, provoquant la contamination des rivières. De ce fait, les habitants de la région souffrent de très graves problèmes de santé. L’exploitation minière à ciel ouvert a détruit la vie et l’avenir sur 26.000 hectares et veut élargir son activité sur encore 25.000 hectares, au mépris de l’opposition de la population dont les droits ont été violés à maintes reprises.























































