Catastrophes
Ces deux dernières décennies, plus de 25 millions de personnes ont été déplacées suite à des inondations et des sécheresses. Le changement climatique accélère actuellement les processus de désertification et accroît les risques qui en découlent dans de nombreuses régions du monde. Traditionnellement, on considérait ces désastres comme inévitables et imprévisibles. Pourtant, la main de l’homme en est souvent la cause.La construction de grands barrages sans garanties de sécurité adéquates, le déboisement et le risque de glissements de terrain, la priorité conférée à la production d’énergie hydroélectrique au mépris des risques de crue aggravée pour les populations en aval, ou l’urbanisation des espaces fluviaux inondables pour des populations généralement pauvres, sont parmi les raisons qui expliquent ces désastres. Par ailleurs, les conséquences de ces phénomènes dépendent du degré de vulnérabilité des populations touchées. Cette vulnérabilité est d’autant plus grande que le taux de pauvreté est élevé. Et de fait, la plupart des victimes de ces catastrophes, plus ou moins “naturelles”, sont pauvres.
L’ouragan Katrina, une catastrophe non-naturelle – Etats-Unis
UNE CATASTROPHE “PAS NATURELLE”
L’ouragan Katrina a atteint le continent à 80 kilomètres de La Nouvelle Orléans. La ville avait en fait échappé à l’ouragan. Pourtant les 4/5èmes de la ville furent inondés, sous six mètres d’eau dans certaines zones, 1.200 personnes moururent et il y eut pour 28.000 millions de dollars de dégâts.
L’enfoncement progressif du delta (qui ne reçoit plus les sédiments que les barrages retiennent), la construction de digues sur des centaines de kilomètres (qui accélèrent la montée des crues) et la mauvaise conception des murs qui protègent la Nouvelle Orléans, où l’on avait construit des quartiers (pour les gens pauvres) dans des zones inondables, ont abouti à un désastre dans lequel la main de l’homme assume de graves responsabilités et où la vulnérabilité des plus pauvres est apparue aussi évidente qu’injustifiable.
Les coûteuses stratégies habituelles pour enrayer les crues ont échoué. Tant aux Etats-Unis qu’en Europe, on commence à appliquer le principe de “laisser de la place à l’eau” en rendant aux fleuves des espaces inondables dans des zones inhabitées, pour atténuer leurs crues, au lieu de prétendre “dominer la nature”.
La catastrophe de Vajont – Italie
“UNE TRAGÉDIE ANNONCÉE”
Pendant la construction du barrage de Vajont, dans les Alpes italiennes, les études géologiques ont démontré que les versants du bassin étaient dangereusement instables, en particulier celui du Mont Toc. Néanmoins, l’entreprise adjudicatrice, la SADE, a poursuivi les travaux. Le 9 octobre 1963, peu après l’achèvement du barrage, le Mont Toc s’effondra dans le lac de retenue, soulevant une lame de 90 m de hauteur qui détruisit Longarone et cinq autres villages voisins et endommagea gravement ceux d’Erto et de Casso. Près de 2.000 personnes périrent. Seul un dirigeant de la SADE purgea une peine de réclusion d’un peu plus d’une année. On fit croire à l’opinion publique qu’il s’agissait d’une “catastrophe naturelle”. Actuellement, les survivants réclament toujours à l’Etat italien qu’il reconnaisse la vérité des faits et ils dénoncent le détournement des sommes destinées aux compensations.






































