Femmes Mazahuas, Mexique
“LA LUTTE POUR LE DROIT À L’EAU”
En septembre 2004, après une année de lutte, les femmes mazahuas, armées symboliquement d’outils de paysans et de fusils de bois, formèrent l’Armée Zapatiste des Femmes Mazahuas pour la Défense de l’Eau. Le Système Cutzamala, avec 140 kms de canaux, de tunnels et d’énormes stations de pompage, transférait depuis leur territoire 480 millions de mètres cubes vers la zone urbaine de Mexico, alors que leurs communautés n’avaient même pas l’eau potable.
Une succession sans fin de marches vers la ville de Mexico, de grêves de la faim, de manifestations et de piquets de surveillance, les femmes toujours en avant, parées de leurs beaux costumes, leurs enfants à l’épaule et leurs fusils de bois à la main, leur donnèrent une telle popularité que le gouvernement mexicain finit par accepter de négocier leurs demandes : de l’eau potable et un plan de développement intégral et soutenable.
Par leur condition de mères et de femmes indigènes, les Mazahuas ont créé l’alliance entre le mouvement des femmes, le mouvement des indigènes et le mouvement écologiste dans la lutte pour le droit humain à l’eau.
Le projet ASA, Un million de citernes – Brésil
“CONSTRUCTIONS CITOYENNES DANS LE NORD-EST BRÉSILIEN SEMI-ARIDE”
Le nord-est du Brésil est une région semi-aride de 947.752 km² où vivent 22 millions de personnes. Le changement climatique crée actuellement des situations de pénurie qui pourraient provoquer des exodes comme ceux du Sahel africain. Pour l’instant, l’ “Articulation du Semi-aride du Brésil” (ASA), réseau de 700 organismes (syndicats agricoles et ouvriers, coopératives, églises, communautés et ONG écologistes…) a empêché le désastre humain.
Le discours officiel est encoré lié aux grands projets hydrauliques, comme le Transfert du fleuve San Francisco, un double canal de 700 km, d’un coût de 1 500 millions d’euros, destiné à l’irrigation massive d’agro-business d’exportation, d’agro-combustibles et d’élevage de crevettes. Un puissant mouvement social s’y oppose depuis le fleuve San Francisco, rejoint par l’ASA depuis le Nordeste.
Pour faire reconnaître l’accès à l’eau comme un droit humain, l’ASA a développé le Programme “1 Million de Citernes pluviales”, qui garantira de l’eau de qualité à 5 millions de personnes. Dans plus de mille municipalités, 190.330 citernes ont déjà été construites et 187.923 familles ont été formées à la gestion de l’eau.
L’opposition au projet de transfert de l’eau de l’Ebre – Espagne
“LES TRANSFERTS NE SONT PAS LA SOLUTION”
Le Plan Hydrologique National (PNH), conçu en Espagne en 1998, prévoyait un grand transfert de l’eau du fleuve Ebre vers la côte de la Méditerrannée, afin de répondre à la demande croissante en eau pour l’irrigation intensive et le développement immobilier et touristique à grande échelle. Les dommages écologiques, sociaux et territoriaux liés à ce détournement, joints aux approximations économico-financières de ce projet, provoquèrent une forte opposition, surtout en Aragon et en Castille, qui fut appuyée par la communauté scientifique et, en dernière instance, par les institutions européennes.
En mars 2004, le projet de transfert fut annulé et l’application de solutions alternatives mise en place. La Nouvelle Culture de l’Eau donne, comme points clés, de nouveaux objectifs soutenables pour l’organisation du territoire et de la ville, la modernisation des réseaux urbains et des systèmes d’irrigation, l’application de nouvelles techniques de dessalement, l’économie de la ressource en eau et sa réutilisation.





































































